La Chapelle en Valgaudemar

La Chapelle en Valgaudémar

La Chapelle en Valgaudémar

 

Le soleil était au rendez-vous pour ce super week-end à La Chapelle en Valgaudémar, en ce début du mois de septembre 2016.

La musique “Hymn” de Vangelis permet de lire cet article en musique. Cet extrait accompagne magnifiquement les photos de cette nature si belle des montagnes. Il suffit de cliquer sur la flèche de la vidéo située à la fin de l’article.

 

De Grenoble, on prend la direction de Vizille, La Mure, puis Corps, St Firmin et enfin La Chapelle en Valgaudémar, petit village fort pittoresque,superbement situé dans le département des Hautes Alpes, aux portes du Parc National des Ecrins.

La Chapelle en Valgaudémar, carteHautes-Alpes

Le seul et unique hôtel “Hôtel du Mont Olan” a été tout à fait agréable pour ce petit séjour. Accueil sympathique, chambres propres et demi-pension de qualité. Bon : pas d’ ascenseur, mais en montagne on est censé avoir des muscles !

Premier jour

  • trajet Grenoble –> La Chapelle en Valgaudemar,
  • installation à l’ hôtel,
  • petite balade au village “Les Portes” et au “Pont des Oules du Diable”.

Le village des Portes est un hameau du vallon de Navette, perché à 1245 mètres d’altitude. Ce village compte trois habitants permanents et des résidents secondaires en été.

Il est possible d’y accéder par la route. Pour cela emprunter la petite route de montagne partant du centre de la Chapelle, devant l’église.

On peut y admirer la Maison traditionnelle au toit de chaume. Toute en longueur, cette maison a des murs épais de pierre, crépis à la chaux. Elle est surmontée d’un toit très incliné. La cheminée est très haute pour éviter que les brindilles enflamment le chaume.

Les Portes, maison traditionnelle au toit de caume

Une cinquantaine de mètres après cette maison, un petit chemin descend vers le Pont des Oules et les “Oules du Diable ” .

Un verrou sépare la vallée suspendue de Navette de celle de la Séveraisse (affluent du Drac). Pour le franchir, le torrent de Navette a entaillé des gorges profondes : “Les Oules du Diable”.

Le pont des Oules enjambe le torrent de Navette (affluent de la Séveraisse) et permet de pénétrer dans le Parc National des Ecrins.

La Chapelle en Valgaudémar, pont des Oules

La Chapelle en Valgaudemar, pont des Oules

On peut admirer les cascades bouillonnantes, les marmites de géant creusées par la puissance érosive de l’eau au cours des millénaires, dans des roches très dures. “Oules” vient d’ ailleurs du latin “Olla” qui signifie “Marmite”.

La Chapelle en Valgaudémar, les Oules du Diable

Petit arrêt photo pour observer  ce papillon :

La chapelle en Valgaudémar, papillon

Jour 2 :

  • trajet de 9 km en voiture de La Chapelle jusqu’au parking du refuge du Gioberney situé à 1640 m d’altitude,
  • randonnée jusqu’ au lac du Lauzon;  environ 400 m de dénivelée.

Le sentier quitte le refuge-hôtel du Gioberney dans une pelouse parsemée de rochers. L’itinéraire vers le lac Lauzon est indiqué peu après en prenant à gauche. Le sentier grimpe dans les éboulis, puis accède à un bois de mélèzes, traverse un torrent, multiplie les lacets avant d’arriver sur le plateau herbeux du Lauzon.

La Chapelle en Valgaudémar, vers le lac LausonLa Chapelle en Valgaudémar, vers le lac Lauson

Pour atteindre le lac il faut traverser cet alpage en marchant sur un tapis mousseux très agréable après l’ effort de la montée.

La Chapelle en Valgaudémar, plateau avant le lac Lauzon

Au bout de ce plateau, le lac se dévoile au dernier moment.

La Chapelle en Valgaudémar, lac Lauzon

Le lac du Lauzon, situé à un peu plus de 2000 m, est un lac de surcreusement glaciaire. Il est nommé “lac de pelouse” car il est soumis à des conditions climatiques clémentes avec 4 à 5 mois de dégel par an. Dans ses eaux, une végétation aquatique très présente traduit une grande productivité biologique.

Jour 3

  • Petite balade du village des Portes vers l’ancien hameau de Navette

la-chapelle-en-valgaudemar-navette-b

Après le hameau des Portes, on peut poursuivre jusqu’ aux ruines de Navette, à 1350 m et méditer sur le destin de ce hameau abandonné dans son vallon, autour de son campanile dressé face aux cimes.

Le XX ème siècle voit le jour et Navette isolé dans ce hameau du bout du monde compte 93 habitants. Son école accueille 25 élèves. La vie s’organise pour limiter les déplacements. Le petit élevage, montons, chèvres, quelques vaches et cochons, ainsi qu’une basse-cour permettent de subvenir aux besoins et de retirer quelques bénéfices de leur  vente à la foire ou aux hôtels de commerce de La Chapelle. On y achète alors le sel, le sucre, les pâtes …

On descend par la rive droite moins exposée aux avalanches. “Quand les avalanches menaçaient”, raconte Léoncie Barban, née au village en 1903, “on passait à droite le long du torrent, par le pont des Oules, avant de continuer vers Les Portes”.

Les pentes autour du village obligent à un aménagement de petites parcelles en terrasses, pour cultiver seigle, lentilles et autres légumes du potager. La chasse et la pêche améliorent le quotidien. Meunier, ébéniste, cordonnier, tisserand, tailleur d’habits, ardoisier, … chacun a un savoir-faire qui répond aux besoins de la petite communauté. Les guides de haute montagne conduisent les pionniers de l’alpinisme à la conquête des sommets. La pluriactivité est ainsi la règle de ce mode de vie.

En 1914 une importante crue emporte beaucoup de terres cultivables, des portions de la nouvelle route et des ponts. La guerre déclarée cette même année soustrait à la population de ce fond de vallée, les jeunes seuls capables d’assurer une remise en état. L’épidémie de grippe espagnole vient encore augmenter le nombre de victimes.

En 1928, la crue de septembre porte le coup de grâce  et démoralise une grosse partie de la population. L’administration des Eaux et Forêts rachète les propriétés dans le cadre d’une politique de lutte contre l’érosion et de la mise en défense de la plupart des pâturages.

De 1930 à 1935, les familles vendent et partent s’installer dans le massif du Champsaur voisin, parfois plus loin. La dernière quitte définitivement le village en 1937.

La végétation masque désormais murets et clapiers, terrasses et canaux. Toute une histoire humaine s’ efface, cédant la place à une évolution naturelle du milieu.

La Chapelle en Valgaudémar, ruine de maison du hameau de Navette

Témoins d’un autre temps, les maisons  mangées par la végétation, sont aujourd’hui une étape troublante et émouvante dans la découverte du vallon par les itinéraires de randonnée.

Mais … la chapelle de Navette a été entièrement restaurée et surprend le randonneur par son campanile rose et son superbe toit en lauzes.

La Chapelle en Valgaudémar, chapelle restaurée du village de NavetteLa Chapelle en Valgaudémar, chapelle restaurée du hameau de Navette

  • Puis ce fut la route du retour. Ces trois jours ont constitué une oasis de lumière et de beauté. Hélas ils ont été assombris, le dernier jour, par la perte  d’ un ami très cher. En passant devant cette magnifique église de St Maurice, j’ ai particulièrement pensé à lui.

Eglise de St Maurice dans les Hautes Alpes